Le passage à l’euro

Posté par Team Contact | Economie | 26-02-2009

>>>Article réalisé par Florian Jeunot<<<



Je me suis rendu compte, que beaucoup de Français pensait la même chose : l’euro aurait-il participé a l’augmentation des prix ? Est-ce à cause de lui que le pouvoir d’achat s’est écroulé ?

Pour commencer un petit rappel : Nous somme passé réellement à l’euro le 1er janvier 2002.
Et il est vrai, que tout de suite après cette période, on a vu la note des courses augmenter considérablement. Mais alors la faute a quoi ?
Il y a en fait 4 facteurs principaux qui ont menés a ce résultat.

Tout d’abord un facteur économique.
Il était convenu, entre le gouvernement et les entreprises, que jusqu’en juin 2002 (soit 6 mois après la transition) tout les prix seraient totalement bloqués. Afin de ne pas perturber les consommateurs (changer de monnaie et en plus voir les prix varier ce n’est pas facile).
Les nouveaux prix en euro ont donc été totalement gelés.
Seulement voila, un fait indéniable : tous les arrondis qui étaient nécessaire ont été faits au supérieur. Ce qui a participé a une très légère augmentation.
Mais ensuite, au bout du délai de 6 mois, les entreprises ont voulue rattraper le manque a gagner sur cette période et ont augmenté un peu leur prix. Cela dit ce fut la seule réelle augmentation, et c’était en 2002, alors ce n’est plus trop d’actualité…

Il y a ensuite un facteur environnemental.
Depuis 2003, le prix des denrées alimentaires a augmenté plus vite que le coût moyen de la vie. C’est souvent vrai, mais l’euro n’a rien à voir là-dedans. Cela est dû notamment aux sécheresses à répétition et aux intempéries qu’on a connues depuis cette date, et c’est très variable selon les secteurs (influence forte sur le prix des fruits
et légumes, et en 2006 sur le blé).
Dans le secteur du logement, les prix ont aussi explosé, mais cette hausse avait commencé en 1997 - 1999, donc bien avant le passage à l’euro, et a continué après. Le moment où elle a commencé à peser de manière substantielle sur les dépenses des foyers a coïncidé avec le passage à l’euro, conduisant ainsi à faire un rapprochement indu entre les deux événements.

Il y a également un facteur sociologique.
Avec un pouvoir d’achat quasiment identique, les besoins considérés comme « incontournables » ont vu leur nombre augmenter, surtout récemment : téléphone portable, connexions Internet, télévision par satellite, baladeurs, lecteurs de DVD, etc.
Il reste donc une somme inférieure pour satisfaire les anciens besoins de base, en particulier la nourriture et le logement. Les ménages ont ainsi accru leurs achats dans ces secteurs ou ont été tentés de monter en gamme (télés à écrans plats, lecteurs enregistreurs de DVD), au lieu d’accroître leurs achats alimentaires ou d’épargner.

Et enfin un facteur psychologique.
Dans leur grande majorité, les français n’avaient pas encore appris à compter en euros. Le chiffre affiché est environ six fois plus petit qu’avant, et lorsqu’on fait son marché on n’a pas une claire vision de l’évolution des prix. Cela conduit à acheter sans véritable repère, et en fin de mois quand la bourse est vide plus tôt qu’auparavant, on met cela sur le compte de l’augmentation des prix et on rattache inconsciemment cela au passage à l’euro, seule explication simple et facile.
Exemple de perte de repère : le comportement de l’automobiliste pour faire le plein d’essence. Auparavant, quand la pompe du supermarché affichait 30 centimes de moins que la pompe de la station service indépendante, on n’hésitait pas à faire un détour pour aller faire le plein. Aujourd’hui, on fait beaucoup moins ce détour parce que «ça ne vaut pas le coup pour 4 ou 5 centimes d’écart», alors que le différentiel est le même en valeur.
On est plus attentifs au prix des choses qu’on achète tous les jours : si ces prix augmentent, on s’en aperçoit vite, et on focalise dessus pour estimer que l’inflation galope (le pain, la viande, l’essence, etc). Par contre, les biens durables qu’on ne renouvelle qu’au bout de plusieurs années ne sont pas bien repérés ; or, ce sont ceux qui, en général ont tendance à baisser.
Exemple : Un magnétoscope il y a 20 ans, coutait (beaucoup) plus cher qu’un lecteur DVD aujourd’hui. Même chose pour l’électroménager, la TV, les voitures, etc… La liste est longue.
Par conséquent, si les caddies sont moins remplis en fin de mois, ce n’est pas parce que les prix des denrées alimentaires ont augmenté, c’est parce qu’on est obligés de se restreindre sur les achats quotidiens ou hebdomadaires quand les dépenses incontournables mensuelles ont été prélevées automatiquement en début de mois.

Ainsi on peut en conclure que le passage a l’euro n’a pas participé a une augmentation des prix, ni a une baisse du pouvoir d’achat. C’est simplement un concours de conséquences (réelles ou imaginaires), ressenties sensiblement au même moment, par hasard.

Et pour tout ceux qui persisteraient a dire qu’il y a 30 ans ils arrivaient a mettre plus d’argent de coté a la fin du mois qu’aujourd’hui.
Je leur répondrais une chose simple :
C’est vrai.
Il y a 30 ans, arrivés a la fin du mois, les gens avaient en majorité plus d’argent qu’ils pouvaient placer sur leur Livret A.
Mais c’est tout a fait possible également aujourd’hui.
Seulement il ne s’agit pas de tricher. Si vous voulez avoir autant d’argent qu’il y a 30 ans, il faudra vivre exactement comme il y a 30 ans.
C’est a dire plus de portable, d’ordinateur, d’internet, de télé a écran plats, de GPS, d’appareils ménager sophistiqués, etc… Et là vous verrez que vous aurez plus d’argent.


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